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Malgré deux pivots, Julien Hobeika ne s’est jamais vraiment éloigné de son projet initial : aider à l’organisation d’événements. Mais entre WePopp et Julie Desk, il y a un monde ! De difficultés financières en coups de poker, le dirigeant a su mener sa barque avec audace.

Frais émoulus d’HEC Paris en 2013, Julien Hobeika et deux compères montent alors WePopp, une application mobile pour organiser des événements entre amis via un système d’invitation combinant mails, SMS et réseaux sociaux. Malgré un volume de téléchargements honorable (250 000), la viabilité du modèle économique n’est pas assez bonne et les co-fondateurs se rendent vite compte qu’il leur faudra atteindre le million d’utilisateurs pour faire entrer de l’argent dans les caisses. Un seuil bien trop ambitieux…

Le créneau de l’organisation ne sera pas pour autant abandonné par les trois associés, qui opèrent un premier pivot crucial en juin 2014 : se concentrer sur les rendez-vous professionnels, persuadés que la traction d’usage sera bien meilleure. c’est ainsi que naît WeTime, qui permet d’envoyer, depuis votre messagerie habituelle, des créneaux de disponibilité à vos interlocuteurs, est né. “En bref, on s’est placé comme un concurrent de Doodle qui n’a pas de version mobile très efficace”, résume Julien Hobeika. Mais l’entreprise fait déjà face à une étape cruciale : la trésorerie commence à flancher.

A ce moment-là, nous n’avions plus que 3 mois de cash en banque. On sentait qu’on tenait quelque chose mais on n’arrivait pas à pointer la valeur qui ferait payer des clients”, se souvient le co-fondateur. Vient alors le temps d’un (nécessaire) second pivot : pour Julien Hobeika, c’est la question cruciale de la captation de valeur qui a orienté le raisonnement derrière la création de Julie Desk : “On s’est dit qu’on allait capter plus de valeurs si on demandait aux gens de nous déléguer la prise de rendez-vous”.

 

 

A partir de là, les associés ont orchestré un beau coup de bluff. Ils ont créé une landing page toute bête pour héberger leur projet d’assistante virtuelle (Julie, donc), qui prend les rendez-vous à votre place grâce à l’IA. Mais sans CTO sous la main (et sans clients, accessoirement) à ce moment précis, il a fallu improviser et les dirigeants se sont chargés eux-mêmes de l’assistance. En clair, à ce stade, l’assistance virtuelle était en fait… humaine. “Cette étape manuelle nous a permis de faire tester le potentiel de ce service et d’en savoir plus sur ce que ça demandait de prendre des rendez-vous pour quelqu’un d’autre. Ca a permis de définir ce qu’on pouvait faire payer et de construire un produit,” raconte Julien Hobeika.

> Lire aussi : Back from //Build/, l’IA vue par Microsoft

Il s’écoule encore plusieurs mois avant que l’IA intervienne vraiment dans le projet ! Les data scientists débarquent enfin dans l’équipe en 2015. Quelques articles de presse plus tard, plusieurs levées de fonds permettent à Julie Desk de prendre son rythme de croisière. Mais la human touch ne sera pour autant abandonnée : une équipe en chair et en os travaille encore aujourd’hui avec l’IA de Julie Desk pour éviter tout raté. Dans le monde professionnel, ça fait mauvais genre.

Le deuxième pivot a finalement été plus périlleux que le premier, se souvient Julien Hobeika. “Ce fut la seule fois dans notre aventure où nous avons envisagé de tout arrêter et de faire quelque chose d’autre,” concède-t-il. Et c’est l’audace qui a payé : “N’hésitez pas à vendre votre produit avant qu’il ne soit prêt !”, conclut Julien Hobeika.

> Lire aussi : Stéphanie Pélaprat, le pivot en mode commando

Crédit image : Julien Hobeika

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